Une « renaissance » occitane pour la région ?

Nom région Samson

Le vote des habitants de la nouvelle région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées est pratiquement sans appel. Les 204.000 personnes qui ont participé à la consultation sur le futur nom de la région ont choisi « Occitanie » à près de 45%, loin devant « Languedoc-Pyrénées » (18%) ou « Pyrénées-Méditerranée » (15%). La nouvelle présidente de la région, Carole Delga (PS), a pourtant parue un peu embarrassée en présentant les résultats devant la presse, jeudi à Montpellier. Choisira-t-elle de faire voter les élus régionaux, qui doivent se prononcer le 24 juin, sur ce seul nom qui claque comme un défi  ? Ou ajoutera-t-elle une sorte de « sous-titre » à l’intention des sourds et des malentendants historiques  ?

Grande Occitanie et « petite » Catalogne

Les réactions de tous bords n’ont pas tardé à s’exprimer. Le président du conseil économique, social et environnemental régional a aussitôt fait savoir que l’Occitanie serait « une erreur ». Jean-Louis Chauzy se fait le porte-voix des milieux économiques régionaux, qui ont majoritairement préféré une appellation géographique plus neutre. Il reprend également la critique de certains régionalistes qui estiment que l’Occitanie couvre un territoire beaucoup plus vaste, des Alpes à l’Atlantique. Les catalanistes, qui avaient obtenu au forceps que le « Pays catalan » soit ajouté à la liste des cinq noms, sont eux-aussi mécontents. Avant-même la proclamation des résultats, ils annonçaient vouloir manifester samedi à Perpignan. L’appellation « Occitanie-Pays-catalan » n’a recueilli que 12% d’approbations.
A l’inverse, le collectif d’associations régionalistes qui a activement fait campagne pour l’Occitanie se réjouit ostensiblement. « Nous n’osons même pas imaginer qu’un tel résultat, massif et clair (…) ne soit pas entériné par les élus lors de l’assemblée plénière du 24 juin prochain », écrit sur Facebook le collectif qui réunit des personnalités aussi diverses que l’avocat toulousain Jean-François Laffont, l’ancien membre d’Action Directe Jean-Marc Rouillan ou le premier adjoint centriste au maire de Toulouse, Jean-Michel Lattes. De fait, si la consultation organisée sur Internet et dans la presse quotidienne régionale n’a pas la valeur d’un référendum, elle témoigne d’une majorité évidente pour un nom plus culturel que géographique. Une véritable renaissance occitane, loin des velléités d’indépendance groupusculaires des années 70.

la République en danger ?

Paradoxe politique, la nouvelle assemblée régionale ne compte qu’un seul élu ouvertement «  régionaliste  » sur 158 sièges. Patric Roux (Partit Occitan) est membre du groupe Nouveau Monde en commun  qui fédère des écologistes, des communistes et des partisans de Jean-Luc Mélenchon. Le leader maximo de la gauche opposée au PS est beaucoup plus jacobin que ses petits camarades. Gérard Onesta (EELV), ancien tête de liste de Nouveau-Monde en commun qui a fusionné avec Carole Delga, s’emploie à « déminer » la forte charge explosive du futur nom de la région. « Je ne vois pas en quoi dire « nous sommes en Occitanie » est dangereux pour la République (…) Ce n’est pas un nom qui appelle à la révolte ou la sécession » a déclaré préventivement le président du bureau des élus du conseil régional au micro de France Bleu Toulouse, en début de semaine.

Le vote des élus de la nouvelle région devra être accepté par le Conseil d’Etat avant le 1er octobre.

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