Un Catalan pour redessiner la nouvelle capitale de l’Occitanie

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Les maires passent, Joan Busquets reste. Désigné par Pierre Cohen pour redessiner le centre-ville historique de Toulouse en 2010, l’architecte et urbaniste catalan a été confirmé dans sa mission par Jean-Luc Moudenc en 2014. L’ancien directeur de l’agence d’urbanisme de Barcelone a gagné une réputation internationale en préparant sa ville aux Jeux Olympiques de 1992. A 70 ans, il dirige toujours le cabinet d’urbanisme créé en quittant le service de la ville, partageant son temps entre ses cours dans les universités, de Barcelone de à Harvard, et les commandes engrangées dans toute l’Europe. A Toulouse, Joan Busquets a également remporté le concours pour le nouveau quartier qui va pousser dans les vingt prochaines années autour de la future gare TGV de Matabiau.

L’omniprésence de l’urbaniste barcelonais commence à faire tousser chez ses confrères toulousains. Certains s’alarment mezza voce d’une possible « busquetisation »de la ville rose. Après avoir fait sauter le quai en briques de la place saint-Pierre pour y installer de larges gradins en pierre, le maître catalan s’apprête à transformer les allées Jean Jaurès en ramblas. L’avenir de Toulouse se dessinerait-il davantage sur une planche à dessin de Barcelone qu’au Capitole  ?

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Joan Busquets et Annette Laigneau, adjointe au maire de Toulouse chargée de l’urbanisme

 

Non, Busquets n’est pas le maire caché de Toulouse. Contrairement à Oriol Bohigas, son maître et prédécesseur à l’agence d’urbanisme de Barcelone qui sera ensuite élu de la ville, l’architecte confesse n’avoir pas de goût particulier pour la politique. « J’ai assez de casquettes comme ça, non. Je préfère donner des cours dans les universités » répond Joan Busquets, avec son inimitable accent catalan. Ses (rares) détracteurs locaux devraient se souvenir que l’urbaniste n’est pas tout-puissant. Il n’impose pas toujours ses vues facilement.

pas de pins à la place des platanes à Matabiau

L’urbaniste pensait par exemple transformer le port de la Daurade en vaste amphithéâtre donnant sur la Garonne. La méfiance conjuguée des ingénieurs responsables de la lutte contre les inondations et des architectes des bâtiments de France l’ont incité à faire machine arrière, sans toucher à l’alignement des quais conçus par Saget au XVIIIe siècle. L’idée sera finalement concrétisée à plus petite échelle, place saint-Pierre. Joan Busquets raconte spontanément une autre de ses « reculades » toulousaines : « avec Michel Desvigne, nous avions proposé de remplacer les platanes du canal devant la gare Matabiau par des pins. Nous avons beaucoup argumenté, mais l’idée n’est jamais passée. Notre métier, c’est aussi d’écouter », conclue l’urbaniste catalan.

La capacité d’écoute de Joan Busquets est l’une de ses qualités les plus unanimement saluée par tous ceux qui l’ont croisé. « Il n’est pas venu avec un projet tout ficelé », apprécie le géographe Robert Marconis. « Il écoute mais sait aussi se faire entendre. C’est un grand pédagogue et son accent catalan oblige ses interlocuteurs français à prêter davantage attention à ses propos » complète Jean-Pierre Hegoburu, urbaniste retraité et vice-président du conseil de développement de l’agglomération. Maxence Fabiani, son éditeur toulousain, salue quant à lui la simplicité d’approche du personnage, qui ne se comporte pas comme une star. « Il débarque tout seul à Toulouse avec sa sacoche qui pèse près de 15 kilos », apprécie le patron de Loubatières, qui a édité un ouvrage sur les plans de Busquets pour Toulouse (Toulouse, identité et partage du centre-ville, Loubatières, 2014).

L’homme, qui dirige une petite équipe d’une vingtaine de collaborateurs à Barcelone, a délégué un néerlandais germanophone pour assurer le suivi au quotidien de ses chantiers toulousains. Cela ne l’empêche pas de venir régulièrement en personne, pour les grands débats comme pour des réunions plus intimistes. Début novembre, il s’est par exemple invité à l’improviste à la présentation des travaux de restitution d’étudiants en architecture de Marne-la-Vallée qui ont planché sur la requalification de certains secteurs du canal du midi à Toulouse. « Nous allons faire une grande exposition en 2017 à Toulouse à propos des travaux à venir sur le canal », annonce Yoan Busquets. Il a même déjà trouvé un slogan  : « le canal a une histoire riche de 350 ans, et un futur plus grand encore ».

Busquets contraint d’accepter plus de voitures par Moudenc ?

Si quelques voix s’élèvent à Toulouse contre les risques de « busquétisation », d’autres ont redouté l’inverse lors de l’arrivée de la nouvelle municipalité au Capitole. « La « débusquetisation » de Toulouse est commencé  », s’alarmait dès mars 2015 le mystérieux collectif Casa Nova, sur son blog « pour une alternative de gauche » de Toulouse Métropole. Les auteurs anonymes de ce billet critique, mais plutôt bien argumenté, font valoir que la « ville apaisée » préconisée par l’urbaniste catalan se situe aux antipodes du discours de Jean-Luc Moudenc, accusé de vouloir maintenir « l’impérium automobile ». Joan Busquets y était soupçonné d’accepter des « compromis », forcément coupables. « Il a été contraint d’abandonner son projet d’aménagement des boulevards, le fameux « Octogone » qui était la pierre angulaire de sa vision pour Toulouse », persiste et signe l’auteur principal du billet, qui souhaite demeurer anonyme. Aux yeux de ce professionnel de l’urbanisme, Busquets n’aurait conservé le marché toulousain que pour des raisons budgétaires, « pour faire tourner sa boutique ».

 » le canal n’est pas fait pour le tram « , tranche l’urbaniste

Yoan Busquets s’inscrit en faux contre ces accusations. « Il ne s’agit pas de livrer une bataille contre l’automobile. Les gens aiment leurs voitures, elles demeurent un symbole de liberté individuelle. On ne peut pas imaginer une ville sans circulation », corrige le maître catalan. Il va même jusqu’à critiquer en creux le tramway pour se déclarer partisan du métro à Toulouse. « Chaque ville a sa spécificité. Toulouse est faîte pour le métro, plus efficace. Le canal n’est pas fait pour voir passer le tram ou des bus », tranche l’urbaniste de Barcelone.

Les principales critiques contre Yoan Busquets viennent finalement de sa propre ville. Barcelone semble aujourd’hui être la principale victime de son propre succès. De plus en plus d’habitants se plaignent de l’afflux des touristes qui rendent la vie quotidienne parfois insupportable et font monter les prix. Ada Colau, la nouvelle maire élue avec le soutien de Podemos, vient d’annoncer le gel des projets de nouveaux hôtels et a déclenché une croisade contre le site de réservation en ligne RBnB, comme dans d’autres métropoles européennes. Des «problèmes de riches » pour Yoan Busquets.

patrimoine Unesco contre tourisme de masse

« Quand j’ai commencé à racheter des maisons à Barcelone, s’était littéralement pour une bouchée de pain. Certains quartiers n’avait plus aucune valeur. Des amis étrangers m’ont mis en garde contre la « gentrification » de ces quartiers. Je leur répondais que j’en voulais bien. C’est vrai qu’il y avait un risque de voir les gens pauvres quittaient leur quartier. C’est le problème des gens qui gèrent la ville. On a voté une loi qui leur donnait le droit de rester sur place. Cela a coûté très cher à la collectivité. Tous ont pu en bénéficier, mais certains ont vendu quand les prix ont monté ».

Le même phénomène peut-il se reproduire à Toulouse, avec la volonté affichée du maire d’inscrire la ville au patrimoine mondial de l’Unesco  ? « Toutes les villes sont en concurrence entre elles. L’Unesco peut être un moyen de se distinguer. Mon rôle est d’aider la ville à progresser. On ne vise pas ce classement pour faire joli, mais pour donner de la valeur aux yeux de ses propres habitants », répond Yoan Busquets.

Hollande : l’état (du canal) c’est moi

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François Hollande n’est pas Louis XIV. « L’Etat, c’est moi », aurait dit le Roi Soleil, qui décréta la construction du canal royal du Languedoc en octobre 1666. Samedi, à Castelnaudary, on avait envie d’ajouter cette apostrophe tout aussi apocryphe à son lointain successeur  : le (mauvais) état du canal du midi, c’est lui aussi.

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Trois cent cinquante ans après la signature de l’édit de Saint-Germain, exceptionnellement sorti des archives du canal du midi à Toulouse pour être exposé au bord du grand bassin chaurien le temps de la visite présidentielle, le canal – qui n’est plus royal – demeure la propriété de l’Etat républicain. canal-edit-de-saint-germain

Mais comme sous Louis XIV, les caisses du royaume sont vides et les présidents qui se succèdent désormais au palais de l’Elysée plutôt qu’au château de Versailles n’ont pas les moyens financiers de son bon entretien. François Hollande aujourd’hui, pas plus que Nicolas Sarkozy hier ou le prochain « monarque républicain » désigné en 2017, ne peuvent pas même compter sur la cassette personnelle d’un riche collecteur d’impôts pour faire l’avance des travaux, comme Pierre-Paul Riquet en son temps. La Lyonnaise des Eaux et Veolia, spécialiste des concessions, avaient un moment témoigné des « marques d’intérêt », comme on dit dans le jargon des marchés. Mais l’hypothèse ne semble plus d’actualité.

le roi est nu

Depuis qu’un champignon décime les platanes du canal, on sait que le roi est nu. Le montant prévisionnel des travaux pour couper des milliers d’arbres centenaires, en planter de nouveaux et consolider les berges qui risquent de s’effondrer, a encore augmenté. Des 100 millions initiaux, il atteint désormais les 230 millions d’euros. L’Etat, propriétaire de l’ouvrage, dit et répète qu’il n’a pas les moyens de régler seul la facture. François Hollande a préféré ne même pas évoquer ces chiffres qui fâchent à Castelnaudary. C’est le boulot des nouveaux Colbert de Berçy ; ou de Ségolène Royal à la rigueur à l’Environnement. Pas du président….

Depuis François Fillon, tous les gouvernements qui se sont succédé à Matignon tendent la main aux collectivités locales pour tenter de partager une partie du budget . A commencer par les régions. A l’époque, Georges Frêche et Christian Bourquin en Languedoc-Roussillon étaient résolument contre, alors que Martin Malvy se montrait plus conciliant en Midi-Pyrénées. Carole Delga, nouvelle présidente des anciens « états du Languedoc » ressuscités par les nouvelles lois de décentralisation, vient finalement de dire banco. Mais pour 40 millions seulement. A répartir sur 5 ans. Soit 8 millions par an, la moitié de la somme dépensée chaque année dans la seule région Languedoc-Roussillon pour offrir un ordinateur à chaque lycéen (même s’il en a déjà un, ou ses parents largement les moyens d’en acheter un plus récent).

le classement des abords repoussé en 2017

En échange, la présidente (PS) de la grande région Occitanie a obtenu un répit de six mois pour le classement des abords du canal. Les élus locaux de la région ont beau dire qu’il faut protéger le canal, ils ne veulent aucune contrainte qui limiteraient leur pouvoir, y compris de faire ou laisser faire n’importe quoi à 500 mètres de ces berges historiques, classées depuis 20 ans au patrimoine mondial par l’Unesco. La « jacquerie » des élus ruraux a gagné. Le préfet de l’Aude va devoir faire subir un classement radicalement « vertical » à sa proposition de classer l’intégralité des 241 kms du canal aux Monuments historiques. Son plan, qui devait rester confidentiel, mérite de rejoindre l’édit de Saint-Germain aux archives du canal.

A la place, le parlement a voté une nouvelle loi qui permet désormais de planter des éoliennes jusqu’à 10 kilomètres « en visibilité » d’un site classé au patrimoine mondial, sans même demander leur avis aux architectes des bâtiments de France. C’est l’Unesco qui va être ravi d’apprendre que l’Etat protège si bien le canal du midi  !

En attendant Juppé (sans sifflets)

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On connaissait les « blagues à deux balles », voici la question à deux euros  : combien d’électeurs vont-ils se rendre aux urnes pour départager Nicolas Sarkozy et Alain Juppé lors de la primaire ouverte de la droite et du centre, dimanche  ? La réponse, bien sûr, viendra de… François Fillon. « On s’est fixé un objectif de 30.000 personnes, mais on espère dépasser les 45.000 » dit Jean-Marie Belin, représentant local de la campagne de l’ancien premier ministre en Haute-Garonne. L’ex-journaliste de France 3 veut croire à la percée de son champion dans la dernière ligne droite. Ce transfuge de l’UDI a pris de cours Laurence Arribagé. « Je ne m’engage pas sur des chiffres », dit la secrétaire départementale des Républicains.

Depuis l’élection-surprise de Donald Trump outre-Atlantique, plus personne ne tient vraiment à être le favori-des-sondages-et-des-médias, bref, de « l’establishment », réel ou supposé. « Les jeux sont très ouverts » veut encore croire Damien Laborde, le jeune supporter de Bruno Le Maire à Colomiers. Même Laurence Arribagé, qui a jugé utile d’accorder son soutien à Jean-François Coppé pour ne pas paraître comme une sarkozyste inconditionnelle et sectaire, reconnaît que les résultats de cette primaire dite « ouverte » seront forcément différents de ceux d’une élection interne parmi les 4.500 militants officiellement encartés. Mais dans quel sens, et dans quelles proportions  ? Pour mémoire, près de 90.000 électeurs s’étaient rendus dans les 213 bureaux de vote de la primaire de la gauche en 2011. Les objectifs chiffrés de M Belin apparaissent ainsi comme modestes, mais déjà ambitieux dans un département réputé bien ancré à gauche.

Pas moins de 1.000 bénévoles se sont proposés pour tenir les 158 bureaux de vote du département. Parmi eux, un tiers ne sont pas encartés, selon la patronne du parti de Nicolas Sarkozy. Dimanche soir, les sympathisants de la droite seront majoritaires par-rapport aux militants. Mais vont-ils se déplacer pour faire mentir les sondages comme aux USA ? Ou plébisciter une ligne politique plus modérée que celle de Nicolas Sarkozy, comme Alain Juppé en a fait le pari depuis qu’il s’est lancé en campagne  ? C’est tout l’enjeu de cette primaire, inédite à droite.

Juppé attendu mardi en meeting à Toulouse

Droit dans ses bottes, le représentant du maire de Bordeaux ne peut imaginer que son champion soit éliminé dès le premier tour. « Alain Juppé tiendra le seul meeting de l’entre-deux tours mardi à la salle Jean Mermoz de Toulouse », rappelle Pierre Espuglas, adjoint au maire de Toulouse, qui promet « des surprises ». Tous les militants de l’ex-UMP ont été invités, même ceux qui soutiennent d’autres candidats. Ce devrait être l’occasion de voir côte à côte Laurence Arribagé et Jean-Luc Moudenc. Le maire de Toulouse, qui a laissé son fauteuil de député et la présidence du parti à son adjointe, refuse de dire publiquement pour qu’il il votera. Un secret de Polichinelle qui a valu à ce proche d’Alain Juppé d’être hué par quelques militants lors du meeting de Nicolas Sarkozy à Montauban.

Raison de plus pour faire applaudir Laurence Arribagé mardi à Toulouse. « Je serai présente », confirme la patronne du parti, qui fait des efforts louables d’impartialité dans son rôle de présidente de la commission départementale d’organisation. Son seul sifflet sera celui de l’arbitre, mais elle espère bien de ne pas avoir à s’en servir. « Jusqu’ici, tout se passe bien », dit l’unique député LR du département. « Je n’ai pas envie de revivre ce qu’on a vécu  (en 2012) », confie Laurence Arribagé.

Macron, Le Point sans la rose

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On a beaucoup parlé de la « voiture autonome » à Futurapolis, le forum de l’innovation organisé depuis un quinquennat déjà à Toulouse par l’hebdomadaire Le Point. Un mini-bus électrique sans conducteur était même en démonstration durant ces deux journées, allant et venant sans relâche devant le Quai des Savoirs, le nouveau temple laïque de la culture scientifique et technique de la ville rose. Mais c’est un « OVNI » politique qui fut la véritable attraction de cette nouvelle édition. Alors que Le Point avait inauguré Futurapolis en invitant tous les candidats à l’élection présidentielle de 2012 à la Halle aux Grains, un seul politique a eu la possibilité de disserter sur l’avenir et le progrès cette année. « Nous vivons une révolution aussi importante que lors de l’invention de l’imprimerie ou de la découverte de l’Amérique », assure Emmanuel Macron dans un amphi de l’ancienne faculté de médecine bourré à craquer.

Interdit de Futurapolis par Manuel Valls

L’ancien ministre de l’Economie n’est officiellement pas (encore ?) candidat, mais il a eu droit à une nuée de photographes et de caméras pour immortaliser son court trajet à bord de la navette EasyMile, ou lorsqu’il a testé l’un des nombreux casques de réalité virtuelle en démonstration dans le grand hall du Quai des Savoirs. Etienne Gernelle, qui a succédé à Franz-Olivier Giesbert à la tête du Point, se défend pourtant de tout favoritisme. « Nous l’avions invité l’an dernier en tant que ministre, mais le secrétariat général de Matignon s’était opposé à sa venue » explique le directeur du Point. Selon le journaliste, les juristes de Manuel Valls redoutaient en 2015 que la visite de Macron à Toulouse ne soit imputée aux comptes de campagne de Carole Delga, ancienne ministre alors en campagne pour la présidence de région. Désormais élue, la nouvelle patronne de l’Occitanie n’a pas souhaité renouveler le partenariat financier de la région avec Futurapolis. C’est donc le maire socialiste dissident de Montpellier qui l’a remplacé au pied-levé. Proche de Manuel Valls, Philippe Saurel ne cache pas qu’il n’est pas spécialement fan de Macron. Il n’hésite pas à répéter à qui veut l’entendre qu’à tout prendre, il préférerait encore apporter son suffrage à Mélenchon.

Pierre Cohen n’est pas davantage disposé à prendre le bus Macron « en marche ». Cela n’a pas empêché l’ancien maire (PS) de Toulouse, initiateur du Quai des Savoirs, d’assister au « show » de l’ex-ministre de Berçy. Au premier rang, à gauche, et en silence. Dans l’assistance, personne n’a eu le mauvais goût d’accuser Emmanuel Macron d’avoir « privatisé  » l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Futurapolis n’est pas franchement le lieu des petites disputes politiques. Le non-candidat a ainsi pu dérouler sans réelle opposition sa vision d’un « changement » qu’il présente comme inéluctable. « Si le débat, c’est la semaine de 35 ou 39 heures ou la retraite à 60 ou 62 ans, on est foutu », assène l’ancien banquier d’affaire. Il ne se réclame ni de la droite, ni de la gauche, mais entend incarner « le progrès » face aux « conservatismes ». Pile-poil la ligne éditoriale de l’hebdomadaire. Macron, c’est Le Point sans la rose !

Edgar Morin, malade non-imaginaire

La seule voix qui aurait pu apporter la contradiction à la très lisse rhétorique d’Emmanuel Macron a déclaré forfait à la dernière minute. Edgar Morin, 94 ans, était l’autre invité-vedette de Futurapolis. Le penseur, malade, a finalement renoncé à venir à Toulouse pour clore la première journée. Mais il a profité d’une interview confiée à la Tribune pour envoyer un coup de griffe à « la tyrannie du profit » incarnée à ses yeux par les économistes en général, et à l’ex-ministre en particulier. « Je peux vous dire que la maladie d’Edgar n’était pas diplomatique », assure Etienne Gernelle. Le directeur du Point confie au passage son souhait pour 2017 : inviter le nouveau président de la République, « quel qu’il soit », à Futurapolis.