Un « champion français » pour remplacer les Chinois à l’aéroport de Toulouse-Blagnac ?

Mariage parodique Blagnac
Les opposants à la privatisation de l’aéroport de Toulouse-Blagnac avaient organisé un mariage parodique en avril 2015

L’Etat ne cédera pas en avril sa part de capital (10,1%) qu’il détient encore au sein de la société concessionnaire de l’aéroport de Toulouse-Blagnac à ses nouveaux actionnaires chinois. Une source gouvernementale a confirmé à l’AFP le véto de l’agence de participation de l’Etat, annoncée et débattue sur le plateau de BFM-TM lundi 26 janvier.

La nouvelle, bien que semi-officielle, a provoqué localement un concert de soulagements. « Si elle se confirme, c’est une bonne nouvelle qui va dans le sens de l’intérêt général », a prudemment réagit Jean-Luc Moudenc, maire (LR) de Toulouse, actuellement en vacances, dans un communiqué. « C’était une question de souveraineté nationale » a renchérit la présidente (PS) de la région Occitanie, Carole Delga, depuis le salon de l’Agriculture. La privatisation partielle de l’aéroport stipulait pourtant que les nouveaux actionnaires étaient prioritaires pour le rachat des dernières actions de l’Etat. Les investisseurs chinois, regroupés au sein de la société Casil Europe, étaient en quelque sorte en période d’essai depuis décembre 2014, avant de prendre définitivement les commandes de l’aéroport en 2018. Un dispositif mis en place par Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie.

Chauzy réclame le départ des Chinois

Mais le comportement des nouveaux actionnaires, accusés de vouloir récupérer leur mise (308 millions d’euros) en puisant dans les caisses de l’aéroport, a suscité la défiance des actionnaires locaux. Jean Luc Moudenc et Carole Delga ont écrit avant Noël au premier ministre pour lui demander de renoncer à vendre ses parts. Le courrier, co-signé par le président (PS) du département de la Haute-Garonne et le président (Medef) de la chambre de commerce et d’industrie de Toulouse, dénonçait « une vision seulement financière de cet outil stratégique ». Le pool des actionnaires locaux, qui représentent 40% du capital de Toulouse-Blagnac, a été entendu sur ce point. Un homme enfonce encore un peu plus le clou. Jean-Louis Chauzy, président du conseil économique social et environnemental régional (Ceser) réclame ouvertement le départ des Chinois et leur remplacement par « un champion national des transports ». Reste à savoir comment Casil Europe va réagir à ce camouflet.

Des rumeurs de désengagement de Casil Europe courent à Toulouse depuis plusieurs mois. Elles sont entretenues par le gouvernement lui-même. Interrogé à l’Assemblée Nationale par Jean-Luc Lagleize, député MoDem de Toulouse, Bruno Le Maire avait publiquement laissé entendre que les actionnaires chinois étaient peut-être sur le départ. Selon BFM TV, des géants du BTP, comme Vinci ou Eiffage, mais aussi des fonds d’investissements ont été discrètement contactés par Berçy pour racheté leurs parts. Le représentant chinois de Casil Europe, Mike Poon, a été contraint de faire une apparition-surprise à Blagnac au début de l’année pour affirmer qu’il n’était pas vendeur.

De l’eau dans le gaz à la tour de contrôle

Officiellement, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes à Blagnac. Un peu pincée, Anne-Marie Idrac assurait encore lors des vœux de l’aéroport qu’il n’y avait aucune mésentente au sein du conseil d’administration. Parachutée à la tête du conseil de surveillance pour rassurer les esprits inquiets de voir l’aéroport de Toulouse (et d’Airbus) passer sous pavillon chinois, l’ancienne ministre des Transports va pourtant quitter son poste dans le courant de l’année pour rejoindre Air France. Le directeur de l’aéroport est également sur le départ. Jean-Michel Vernhes a été poussé vers la sortie, un an avant l’âge prévu de sa retraite. Le ballet des deux dirigeants, qui ne se sont pas adressé la parole et ont tout fait pour s’éviter lors de la cérémonie des vœux, le mois dernier, confirme qu’il y a de l’eau dans le gaz dans la tour de contrôle de Blagnac.

La suspension du processus de privatisation de l’aéroport de Toulouse intervient alors que l’Etat songe à vendre sa participation dans les aéroport parisiens en 2018, après avoir cédé le contrôle des aéroports de Lyon et Nice l’an dernier.

 

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Toulouse, le marathon des notes

 

Mouss et Hakim Saint Aubin
Mouss et Hakim, les chanteurs-danseurs de Zebda, avec les enfants d’une école venus chanter au marché Saint-Aubin pour s’offrir un voyage scolaire

 

Oubliez tout ce que vous croyez savoir sur la musique à Toulouse : Nougaro, l’orchestre du Capitole, Zebda ou le Bel Canto. Chacun dans son genre a porté loin la réputation musicale de la ville dans tout le pays, et bien au-delà. Mais aucun ne suffit à donner le « la » d’une scène musicale singulièrement plurielle. Pour être au diapason de cette ville, il faut en accepter toutes les sonorités.

En juin dernier, l’Ensemble baroque de Toulouse a fêté le dixième anniversaire de Passe ton Bach d’abord, festival original et convivial qui a entrepris de revisiter les œuvres du grand compositeur allemand dans les lieux les plus divers. La manifestation ne bénéficie pas de l’aura médiatique des Folles Journées de Nantes, mais un public ravi a pu ainsi découvrir cette année Michel Macias jouer du Bach à l’accordéon à la librairie Ombres Blanches, ou des billes interpréter « Jésus que ma joie demeure » en dévalant un « Escalabach » en bois installé en 2016 au couvent des Jacobins.

Dans un tout autre registre, les deux frères rappeurs Bigflo et Oli, qui ont passé leur enfance dans le quartier des Minimes cher à Claude Nougaro, s’apprêtent à remplir le Zénith deux soirées consécutives en avril 2018 alors que le chanteur Manu Galure, révélé au grand public l’an dernier en se présentant à la surprise de ses nombreux fans locaux dans une célèbre émission de radio-crochet télévisé, est parti à pied du théâtre Sorano le jour de l’équinoxe d’automne, pour une tournée inédite de concerts de proximité qui doivent le mener à Paris le 21 juin 2018, jour du solstice d’été et de la fête de la musique.

Musique gratuite sur le pouce à l’heure du déjeuner

La ville rose n’a pas de « couleur musicale » unique, constate Joël Saurin, musicien du groupe Zebda qui organise depuis bientôt dix ans des mini-concerts gratuits, tous les jeudis à l’heure du déjeuner. Ces « pauses musicales » ont rapidement trouvé leur public, en dépit d’une programmation délibérément éclectique. Jazz, classique, rock, chanson française, musiques du monde ou expérimentale, le « menu » mitonné par l’ancien bassiste a de quoi satisfaire tous les appétits. « On affiche généralement complet, il y a des retraités qui arrivent une heure avant le début des concerts pour être sûrs d’avoir une place » raconte Joël Saurin, qui précise la formule de ces recréations musicales décontractées : « c’est pas la messe, on a le droit de partir avant la fin ». A quelques exceptions près, le public a bien compris l’état d’esprit. « Je me souviens d’une dame offusquée parce que des gens mangeaient des sandwiches pendant un concert de musique baroque ». Les musiciens, recrutés exclusivement dans le vivier local, sont eux aussi prévenus que le public n’assistera pas nécessairement religieusement à leur prestation. « C’est tout de même mieux que de jouer au noir dans les bars », dit Joël Saurin. Les concerts sont gratuits, mais tous les artistes sont payés au cachet. « A Paris, certains artistes payent pour se produire en concert », souligne l’organisateur.

Joel Saurin
Joel Saurin dans la cour de l’Ostal d’Occitanie, où se produisent les pauses musicales aux beaux jours

La liste d’attente pour se produire lors de ces « pauses » désormais bien installées dans le paysage musical toulousain est longue. Joël Saurin a calculé qu’il lui faudrait quatre années pour programmer tous les artistes figurant « en stock » dans ses fichiers, et la liste s’allonge d’une année sur l’autre. Pour la ville, la facture s’élève à environ 50.000 euros par an. La formule, inaugurée par la municipalité socialiste de Pierre Cohen, a été pérennisée par l’équipe de Jean-Luc Moudenc. Elle s’exporte aussi dans d’autres petites communes de l’agglomération, en s’adaptant au budget et au contexte local. Dans le Frontonnais, vignoble au nord de Toulouse où il est né et réside toujours, Joël Saurin et l’association créée pour gérer les « pauses musicales » toulousaines organisent des « jardins musicaux » le dimanche après-midi. « Pas avant 16h, après Michel Drücker et le passage des tondeuses », précise le musicien, en sociologue non-patenté mais averti des réalités quotidiennes des zones péri-urbaines. En juin dernier, il a aussi lancé le « vélo musical », conjuguant concerts et ballades cyclistes dans les campagnes. Un premier itinéraire a été inauguré depuis Grisolles (Tarn-et-Garonne) entre la piste cyclable du canal latéral et la Garonne en passant par le château de Pompignan, propriété d’un marchand de pianos et collectionneur de Toulouse. Dans la foulée, Joël Saurin a inauguré cet automne les « balades musicales », associant concerts et randonnées pédestres dans quatre communes du Frontonnais (Villaudric, Castelau d’Estrétefond, Bouloc et Vacquiers) du 7 au 15 octobre.

Troubadours pas morts

Disciple revendiqué de Claude Nougaro, Yvan Cujious partage l’avis du musicien de Zebda. « Il n’y a pas de de son toulousain », dit cet ancien prof de physique, devenu chanteur et animateur-radio. Cet axiome ne l’a pas empêché de lancer en 2015 le Toulouse Con Tour, une série de concerts à travers toute la France en compagnie de deux autres complices de la scène locale, Magyd Cherfi et Art Mengo, qui s’attacherait presque à démontrer le contraire. « Nous nous sommes rencontrés par l’intermédiaire de Claude Nougaro », raconte Yvan Cujious, qui avait déjà sollicité les deux artistes toulousains pour l’écriture de son deuxième album personnel. La proposition d’un organisateur de spectacles en Charentes, qui avait laissé « carte blanche » à Yvan Cujious pour monter « un plateau toulousain », a été le point de départ de cette tournée où les trois compères revisitaient le répertoire Claude Nougaro, Pierre Perret ou Francis Cabrel. On dirait le Sud…Ouest, aurait pu chanter Nino Ferrer, autre pointure régionale de la chanson figurant au menu du trio. « Nous avons chacun notre propre sensibilité musicale, mais le point commun réside dans notre approche du texte. Il y a ici une tradition du récit, on aime raconte des histoires en musique, une habitude qui remonte sans doute aux troubadours », analyse Yvan Cujious.

Dick Annegarn
Dick Annegarn avec son escabeau des « Jours de Joutes », rue Riquet

Le trompettiste qui a longtemps animé des « baloches » en amateur avant d’avoir le courage de plaquer une carrière écrite à l’avance dans l’Education Nationale par goût de la scène cite l’occitaniste Claude Sicre, un autre proche de Nougaro qui a toujours cherché à renouer le fil de l’histoire de ces poètes et musiciens du Moyen-Age, champions de la « tchatche » qui pourraient en remontrer aux rappeurs modernes. « Nous avons une une tradition de l’oralité perpétuée aujourd’hui par Dick Annegarn. C’est un vrai poète. Il n’est peut-être pas né ici, mais y vit comme un poisson dans l’eau et a été accepté en retour. Il fait partie de notre famille toulousaine ». Installé dans le Comminges, le chanteur d’origine néerlandaise a repris le flambeau de Claude Sicre en collectant des chansons populaires qui n’ont jamais été enregistrées et en organisant à Toulouse des « joutes » ouvertes à tous les slameurs amateurs sur la place publique. Il faut avoir assisté au moins une fois dans sa vie à une séance des JJJ (jeudi jour de joute), lancé à l’origine par Dick Annegarn sur la place du Capitole en forme de festival « off » et contestataire au Marathon des Mots, pour mesurer la folle ambition, à la fois modeste et géniale, du poète qui se dit « no-landais ». Perché sur une échelle, armé d’un simple mégaphone, il harangue la foule et improvise en attendant que des amateurs osent se lancer à dire un texte au micro, au milieu d’une petite foule mi-intriguée, mi-indifférente. On est aux antipodes du festival littéraire fondé par Olivier Poivre d’Arvor, qui invite des comédiens à lire des textes en public. C’est foutraque, non-écrit, spontané…. et terriblement toulousain !

« Domestiquer » des TGV devenus fous 

C’est l’heure des choix pour Carole Delga : LGV pour Toulouse ou pour le Languedoc-Roussillon et l’Espagne ? Trains régionaux ou trains de banlieues ?

 

Train jaune 2

La (grande) vitesse, c’est dépassé ! C’est en substance le message adressé par le rapport Duron aux élus du grand Sud Ouest qui continuent de réclamer des TGV pour Toulouse et Montpellier, mais aussi Béziers, Narbonne, Perpignan, Dax, Pau ou Bayonne, toutes tendances politiques confondues. Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc (LR, tendance Juppé) et Carole Delga, présidente (PS, tendance Olivier Faure) de la région Occitanie font mine d’être soulagés parce que les projets de nouvelles lignes à grande vitesse Bordeaux-Toulouse ou Montpellier-Perpignan n’ont pas été totalement enterrées sur l’autel des choix budgétaires. Les deux LGV ont juste été rabotées, amputées, retardées par l’inflexible Philippe Duron, ex-député-maire (PS) de Caen.

Priorité à Toulouse contre Montpellier-Perpignan ?

Toulouse ne sera pas à 3 heures de train de Paris avant 2027 (scénario 3 du rapport Duron), voire après 2037, au train où vont les investissements actuels (scénario 1). Soit dans le meilleur des cas trois à quatre nouvelles années de retard par-rapport à une date-butoir sans arrêt repoussée depuis plus d’une décennie. « Dans le scénario 2, un calendrier de réalisation optimisé n’est envisageable que si l’engagement d’autres dépenses est sensiblement décalé, notamment la réalisation de la ligne nouvelle Montpellier-Béziers-Perpignan et le renouvellement du matériel roulant des trains d’équilibre du territoire de la Transversale Sud (Bordeaux-Toulouse-Montpellier-Marseille) », prévient le rapport Duron. C’est le pire des scénariis pour Carole Delga. La jeune présidente de la nouvelle région veut croire qu’il serait possible de financer les deux LGV « en même temps », pour reprendre l’antienne macronienne. Soit une « petite » dizaine de milliards pour la seule Occitanie. Philippe Duron, ancien président de la région Basse Normandie, demande à Carole Delga de faire des choix. Ils seront déchirants.

Pour éviter de trancher entre la nouvelle capitale régionale de l’Occitanie et les « marches » de l’ex-région Languedoc-Roussillon, Carole Delga a tout misé sur des contre-propositions de financement plus ou moins « innovants » : taxer les poids-lourds (Ecotaxe-bis) ou les bureaux construits aux abords des gares, prélever un « versement transport » auprès des entreprises comme le font déjà les grandes villes. La présidente de la région Occitanie entend créer une société ad-hoc pour financer ses deux lignes sur le modèle des futures lignes de métro des JO de Paris. Avec un argument-choc : « Si on a trouvé 25 milliards pour le Grand Paris Express, on doit être capable d’en trouver pour 5 millions d’habitants tenus à l’écart de la grande vitesse ». A la mairie de Toulouse, Jean-Luc Moudenc fait bloc. Le rapport Duron estime qu’il s’agit d’une « piste intéressante » mais la juge plus adaptée « pour le financement de projets d’intérêt local ». En clair, la métropole toulousaine pourrait utiliser la formule pour financer son projet d’une troisième ligne de métro (2 milliards d’ici 2024), mais pas la région pour ses deux LGV.

Pourquoi des LGV tronçonnées ?

En dépit du sondage du groupe de presse régional affirmant que 80% des habitants « plébiscitent » la grande vitesse, la petite musique dissidente des écologistes préférant « les trains du quotidien » à ces travaux « pharaoniques » gagne du terrain. Pourquoi dépenser des milliards pour gagner quelques minutes alors qu’il serait possible de rénover les lignes existantes à moindre coût, demandent en substance les opposants ? Une question reprise par les 16 experts de la « commission Duron ». « Certains membres ont pu s’interroger sur la possibilité de mettre en œuvre d’autres solutions que des lignes nouvelles à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse qui permettraient d’apporter une réponse aussi satisfaisante et peut-être moins coûteuse pour la collectivité », indique le rapport. Carole Delga, mais aussi Alain Rousset en Aquitaine et la SNCF répliquent en expliquant inlassablement qu’il ne faut pas opposer les TGV aux TER : construire de nouvelles lignes permettrait au contraire de multiplier les trains régionaux en libérant des « sillons » sur les lignes actuelles, encombrées par des convois de toute nature (frêt, omnibus, intercités, TGV) et menacées de saturation.

Le rapport Duron prend la présidente de région au mot en proposant de donner la priorité à la résorption des « nœuds ferroviaires » aux abord des métropoles. Il propose de « saucissonner » les deux LGV en commençant par construire des tronçons de lignes nouvelles au sud de Bordeaux et au nord de Toulouse, ainsi qu’à l’ouest de Montpellier en direction de Béziers. Et développer de véritables « RER » autour des métropoles régionales, sur le modèle des trains de banlieue développés par la SNCF il y a 40 ans à Paris. Le rapport cite l’exemple de la ligne Montpellier-Perpignan, qui ne sera pas saturée avant 2030 selon ses calculs. Inutile donc de dépenser immédiatement près de 2 milliards entre Béziers et Perpignan. Mais il pourrait être utile d’engager 950 millions entre Montpellier et Béziers à l’horizon 2028. D’ici-là, Philippe Duron propose de « domestiquer » les TGV sur ce tronçon. « Les mesures de domestication sont des mesures d’exploitation qui visent à faire circuler sur une section de lignes, pendant des périodes déterminées, tous les trains à la même vitesse, indépendamment de leurs statuts (TGV, TER, fret…) », précise le rapport. En clair, on aura des TGV qui rouleront à la même vitesse que les trains de marchandises.

Des trains régionaux (TER) aux trains de banlieue (RER)

A défaut d’aller plus vite, peut-on au moins avoir des trains plus fréquents, toutes les 15 minutes aux heures de pointe ? A ce jour, seul un collectif d’associations toulousaines revendique la mise en place d’un véritable réseau de trains péri-urbains « cadencés » sur trois lignes autour de Toulouse, présenté comme une alternative à la troisième ligne de métro promise par Jean-Luc Moudenc. Trop cher et pas assez efficace, rétorquent les services de la métropole. Carole Delga s’est bien gardée de se mêler à ce débat purement toulousain. La présidente de la région préfère se mobiliser contre la fermeture des lignes desservant les plus zones reculées, comme le folklorique Train Jaune dans les Pyrénées Catalanes, ou développer les « trains à 1 euro » inventés par Christian Bourquin pour remplir les trains les plus désertés.

On cherchera en vain la trace d’un quelconque « RER » dans la future convention que la région doit signer avec la SNCF au mois de mars. A la décharge de Carole Delga, on peut douter que les maires de Béziers ou Montauban soient enchantés à la perspective de multiplier des « trains de banlieue » dans leurs gares respectives. Un TGV, même « domestiqué », c’est quand même plus attrayant pour l’image.