Le Minotaure gracié de Toulouse

Minotaure signature

Ses 47 tonnes de bois et de métal articulés devaient faire leurs premiers pas dans les rues de Toulouse en octobre 2013. Le Minotaure, imaginé et fabriqué par François Delarozière dans les anciens chantiers navals de l’Ile de Nantes, fera finalement son apparition du 1er au 4 novembre 2018 dans le dédale des rues médiévales de la ville rose. Cette oeuvre mécanique monumentale, commandée par l’ancien maire (PS) de Toulouse, Pierre Cohen, pour la rondelette somme de 2,5 millions d’euros, a bien failli ne pas survivre au changement de majorité municipale. Bombardé de critiques, de droite comme de gauche, lors de la dernière la campagne électorale, le Minotaure reposaient en pièces détachées depuis des années dans les cartons de La Machine, la compagnie de théâtre de rue de François Delarozière.

L’artiste-ingénieur, concepteur de la plupart des machines fantastiques de la troupe du Royal de Luxe, a finalement signé un contrat de dix ans avec Jean-Luc Moudenc, le nouveau maire (LR) de Toulouse, pour exposer le Minotaure et plusieurs centaines d’autres machines de son invention dans la Halle des Machines, un bâtiment de verre de 6.000 m2 spécialement construit pour abriter ses créations. Le choix de Pierre Cohen d’implanter cette nef industrielle et culturelle sur la piste légendaire des premiers avions de ligne de l’Aéropostale, à deux pas des derniers vestiges historiques de l’entreprise Latécoère dans le quartier de Montaudran, avait fait tiquer son concurrent. Le maire de Toulouse s’est finalement laissé convaincre par plusieurs de ses adjoints chargés de la culture de ne pas confier la nouvelle halle aux associations des nostalgiques des pionniers de l’aéronautique toulousaine, comme il l’avait envisagé durant sa campagne électorale. Jean-Luc Moudenc a changé son fusil d’épaule et a réussi à amadouer ces associations, qui voyaient d’un mauvais œil l’arrivée du Minotaure sur la piste, en injectant 10 millions supplémentaires dans un futur «  musée  » aéronautique qui sera inauguré le 25 décembre 2018 pour le centenaire du premier vol de l’Aéropostale. Les deux projets mémoriels concurrents sont désormais réunis sous un même label  : la Piste des Géants.

Cette réconciliation a un coût. Contrairement aux affirmations de Pierre Cohen, le Minotaure et les autres machines de François Delarozière ne seront pas capables de s’autofinancer à 100%. La future Halle des Machines, qui a coûté environ 15 millions d’euros d’investissement, bénéficiera d’une subvention annuelle de plus de 500.000 euros par an pour équilibrer ses comptes, prise en charge par les 37 communes de Toulouse Métropole. Le ticket d’entrée de la Piste des Géants a été fixé à 9 euros. Le Minotaure, qui sera stationné à l’extérieur de la Halle, sera visible gratuitement. François Delarozière et Jean-Luc Moudenc espère 220.000 visiteurs par an pour cette nouvelle attraction toulousaine, comparable au fameux éléphant mécanique de l’Ile de Nantes.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s