Micronutris  : manger des insectes pour sauver la planète

Micronutris Auriol

Un simple hangar de 600 m2 dans une zone artisanale de Saint-Orens-de-Gameville. C’est ici que Cédric Auriol a implanté sa société, Micronutris, première « ferme  » d’insectes comestibles en France. Diplômé de la Toulouse Business School, il s’est lancé dans ce sillon novateur à la lecture d’un rapport de la FAO qui préconise de développer l’entomophagie pour nourrir la planète. « Les insectes comestibles constituent une alternative prometteuse à la production conventionnelle de viande », estime l’agence spécialisée de l’ONU pour l’alimentation dans un rapport publié en 2013. Mais le rapport constate aussi le manque de données scientifiques sur la meilleure façon de conduire l’élevage des insectes et pour garantir leur innocuité pour la santé humaine. Cédric a donc recruté Maylis Radonde, jeune diplômée de l’Ecole supérieure d’agriculture de Purpan.

Bio pour éviter les insecticides

Ancienne présidente de la Junior Entreprise de Purpan, la jeune femme a organisé la production de Micronutris avec des règles très strictes pour certifier l’entreprise selon les règles ISO 22.000 (management de la sécurité des denrées alimentaires). Ce label a tenu lieu de sésame à l’entreprise pour écouler sa production en l’absence de réglementation claire sur la consommation des insectes en France et en Europe. Concrètement, il faut revêtir une blouse, coiffer une charlotte et mettre des chaussons stériles pour pénétrer dans l’atelier de production de Saint-Orens. Les grillons sont élevés dans des boites à œufs et les ténébrions (vers de farine) dans des caisses en plastique, sur un substrat végétal nutritif qui est l’un des secrets industriels de Micronutris. L’entreprise a fait le choix d’une alimentation biologique de ses larves. Ce n’est pas seulement un argument de vente, mais aussi une assurance de ne pas retrouver des traces d’insecticides fatals dans les brins de carottes râpées servies à leurs minuscules protégés. « Nous avons choisi les grillons et le ténébrion car ce sont deux espèces déjà bien documentées sur le plan biologique », explique Maylis Radonde.

Augmenter la production pour baisser les prix

Depuis le 1er janvier 2018, une réglementation européenne sur les « novel food »  a ouvert la voie à une reconnaissance officielle des élevages d’insectes et à une autorisation de mise sur le marché de leurs produits. Cédric Auriol a gagné son premier pari, juridique. Le fondateur de Micronutris doit désormais prouver la pertinence économique et financière de son élevage. Ramené au kilo, la production d’insectes coûte encore 7 fois plus cher que la viande, concède-t-il. La PME, qui emploie une dizaine de personnes, doit réduire ses frais en misant sur davantage d’automatisation. Cédric Auriol y croit. « Au début, nous étions à plus de 1.000 € la tonne. Nous n’en sommes plus qu’à quelques dizaines. On peut encore diviser le coût de production par dix, c’est sûr », dit le jeune homme. Micronutris, qui produit environ 1 tonne d’insectes par mois, a prévu de déménager sur un autre site à Saint-Orens pour multiplier sa production par 5 d’ici la fin de l’année.

 

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