Un arrêté anti-bivouacs « explosif » contre la mafia albanaise à Toulouse

Moudenc rentrée

Les boulevards de Toulouse ne sont pas un camping, même humanitaire. Face à la récente mais persistante multiplication des campements sauvages sur les trottoirs de la ville rose, Jean-Luc Moudenc s’est décidé à prendre le taureau par les cornes. Lors de sa rentrée politique, le maire (LR) a annoncé un arrêté « anti-bivouacs » assorti de commentaires acides qui risquent de faire quelques vagues, à quelques mois des élections municipales.

Sans prononcer le mot de « mafia », M Moudenc a pointé du doigt « des réseaux organisés en lien avec l’Albanie » qui auraient volontairement mis en place ces campements « dans des endroits bien visibles ». « C’est un phénomène nouveau », observe le maire de Toulouse, qui a comptabilisé un roulement permanent « entre 5 et 26 tentes » depuis le début de l’année. Il opère un distingo avec les campements de roumains ou de bulgares, installés généralement en périphérie, et que la ville s’attache à résorber en coopération avec la préfecture et des associations caritatives. Contrairement à ces ressortissants d’autres pays de l’Est, l’Albanie n’est pas membre de l’Union Européenne observe le maire de Toulouse. Il a pris soin de d’accorder son violon avec la préfecture avant de lancer sa charge, explosive. Lors de sa propre conférence de presse de rentrée, le préfet Guyot avait déjà mentionné deux jours plus tôt la problématique de ces campements sauvages en plein centre-ville. « Il faut distinguer les demandeurs d’asile, à qui nous devons proposer un logement correct, des autres qui doivent être raccompagnés à la frontière », précisait Etienne Guyot.

Mais selon le maire de Toulouse, 80% des expulsions prononcées par la justice ne sont pas exécutées, faute de moyens. Certains « campeurs » refuseraient même de déposer une demande d’asile, selon M Moudenc qui y décèle une nouvelle preuve d’un comportement mafieux. « C’est l’Etat qui est responsable, mais c’est moi que les gens interpellent » ajoute Jean-Luc Moudenc, qui redoute que l’exposition de la misère au centre de Toulouse et l’impuissance manifeste à y remédier fasse « prospérer les extrêmes » à l’approche du scrutin municipal.

Offensif, le maire de Toulouse dénonce également « les associations politisées » qui font, à ses yeux, le jeu de cette mafia en leur apportant une assistance.  « Le Cedis31 ne se sent pas concerné », a rapidement réagit sur Twitter l’une des principales organisations qui travaille sur le sujet à Toulouse. « Ce sont avant tout l’Etat et les pouvoirs qui font le jeu des réseaux organisés en bafouant les droits les plus fondamentaux. N’inversons pas les rôles, ne reprochons pas aux exclus d’être exclus », ajoute ce collectif de travailleurs sociaux, qui collabore régulièrement avec la ville et la préfecture pour résorber les bidonvilles de migrants. « Je ne veux pas cibler une association, mais un comportement » explique de son coté M Moudenc, pressé de préciser ses accusations.

A Toulouse, le microcosme a parfaitement compris que le maire s’attaquait, sans le nommer, au porte-parole du DAL, qui vient de démissionner pour être candidat aux élections municipales. « Les propos de M Moudenc sont dignes de ceux de Matéo Salvini et de l’extrême-droite en Italie. A Toulouse, les réfugiés ne sont pas noyés dans la mer, mais sous le béton » réagit vivement François Piquemal. L’ancien porte-parole du DAL souligne qu’il avait alerté la municipalité sur la présence de familles « livrées à des marchands de sommeil de la mafia albanaise » dans un squat démantelé il y a deux ans dans le quartier des Arènes.

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