La très discrète fermeture d’un site Seveso de Toulouse

Fenouillet gaz
Les deux grandes cuves semi-enterrées et végétalisées de propane et de butane sont vides. Le centre d’emplissage Finagaz de Fenouillet, au nord de Toulouse, a officiellement fermé ses portes le 31 juillet. Une partie des 15 salariés du site, classé Sévéso, devait être transférés vers Antargaz à Boussens, au sud de la Haute-Garonne.  Mais aucun n’a souhaite déménagé. Les deux entreprises sont la propriété du groupe américain UGI, qui a racheté l’activité GPL de Total en 2015. Les nouveaux propriétaires ont annoncé leur départ de la banlieue toulousaine dans un courrier électronique lapidaire adressé le 21 juin à la DREAL (direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) d’Occitanie. La nouvelle a surpris car le préfet venait d’adopter en juin 2017 le plan de prévention des risques technologiques (PPRT), après dix ans de procédure.

un déménagement évalué à 24 millions par Total

Les élus locaux, marqués par l’explosion de l’usine AZF de Toulouse en septembre 2001, réclamaient unanimement la fermeture du site depuis des années. Mais la solution d’un déménagement, évalué à 24 millions par Total, n’avait pas été retenue par le préfet. Dans un arrêté signé le 6 décembre 2017, le représentant de l’Etat se contentait de demander au nouvel exploitant d’étudier la mise en place d’un « système d’alerte à destination des gestionnaires du réseau ferré et des axes routiers ». Le site, approvisionné par wagons-citernes, est en effet bordé par l’ancienne route nationale 20, qui passe à seulement 10m de ses grilles. La circulation automobile est intense à l’entrée nord de Toulouse, qui voit passer 30.000 véhicules par jour. Un système de feux de signalisation automatisé pour couper la route entre deux rond-points en cas de fuite de gaz était envisagé. Coût estimé : 140.000 euros, selon les services de Toulouse-Métropole, qui a hérité de l’ancienne nationale transférée dans un premier temps au département.

Le centre commercial s’est rapproché

Le risque industriel n’a toutefois pas empêché l’extension du centre commercial Casino voisin, qui a inauguré entre 2015 et 2016 une nouvelle galerie marchande de 130 boutiques sur 90.000 m2 et un multiplexe de 8 salles de cinéma. Ce nouveau centre commercial géant, avec son parking de 2.600 places, se trouve désormais à 500m seulement du site gazier. Le dernier exercice de secours, organisé en décembre 2016, aurait révélé des difficultés d’évacuation, selon un habitant membre d’une association de riverains. La consigne en cas d’accident est d’évacuer la zone à pied. Mais le site, coincé entre la route d’un coté, les voies ferrées et le canal latéral de l’autre, n’offre aucune échappatoire.

La SNCF a refusé de racheter le site

Un nouveau risque est enfin apparu avec le projet de LGV entre Toulouse et Bordeaux prévoyant la construction de deux nouvelles voies ferrées qui auraient frôlé le site à une centaine de mètres seulement. Le coût pour protéger les trains s’annonçait lourd : entre 14 et 40 millions, selon les premières estimations. Il était question de recouvrir les voies dans une sorte de tunnel, ou de construire des « sarcophages » en béton pour protéger les trains de voyageurs. Une centaine de trains passent chaque jour à proximité du site, sans compter les nombreux trains de marchandises de la gare de triage de Saint-Jory, en pleine restructuration. Il fut même question de vendre les 3 hectares du site gazier à la SNCF, mais l’entreprise publique n’a pas donné suite. Finagaz disposait de son propre embranchement ferré pour approvisionner le site de Fenouillet. En 2015, 735 wagons-citernes ont servi à remplir 1 million de bouteilles de gaz, distribuées par un peu moins de 3.000 camions dans toute la région. La direction de l’entreprise invoque la baisse de la consommation de GPL pour justifier la fermeture de son site de Fenouillet. Elle se refuse à tout autre commentaire. Il reste deux autres sites pétroliers classés Seveso au nord de Toulouse.

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Christophe Debard, #HumainMaintenant

Debard Quai des Savoirs

Il est entré de son vivant « au musée ». Christophe Debard, 38 ans, est ingénieur chez Airbus. Amputé d’une jambe à 13 ans, ce grand gaillard barbu a relooké lui-même sa prothèse à l’aide d’une imprimante 3D, et l’expertise de nombreux bénévoles. L’objet, qui flashe dans la semi-pénombre grâce à une peinture fluo, trône dans une vitrine de l’exposition #HumainDemain, conçue conjointement par le Muséum de Toulouse et le Quai des Savoirs. Christophe se souvient avoir été contacté par Maja Wasyluk, la coordinatrice de l’expo, par une amie commune en mai 2017. « J’ai trouvé que c’était une super opportunité de faire passer mon message, qui est de donner une image positive du handicap ».

Le prototype de la jambe de Christophe voisine avec le bras « bionique » de James Young, un jeune anglais qui s’est fait offrir une prothèse futuriste à 90.000 € par un producteur de jeux vidéos. Comme tout visiteur appelé, grâce à un bracelet connecté, à « voter » pour l’innovation de son choix dans chacun des cinq showrooms qui composent l’exposition, l’ingénieur amputé d’Airbus préfère ces petites mains en plastiques colorés à destination des enfants exposées dans une autre vitrine. « Je connais leurs concepteurs. Comme moi, ils ont à cœur de développer un projet social. Nous faisons appel à des «  makers  » pour que nos solutions soient accessibles à ceux qui n’ont pas les moyens de s’offrir des prothèses luxueuses ».

Christophe Debard ne se prend pas pour Steve Austin, le fameux héros d’une série télévisée des années 70 (L’homme qui valait 3 milliards). Mais l’exposition laisse clairement percevoir que de l’homme « réparé » à l’homme « augmenté », il n’y a qu’un pas. Les sportifs des jeux paralympiques seront-ils demain plus performants que les athlètes valides grâce à la technologie  ? « Hugh Herr, un chercheur du MIT amputé des deux jambes après un accident d’alpinisme, prédit que l’on finira par se faire volontairement amputer pour être plus performant », raconte l’ingénieur toulousain, qui précise ne pas partager cette vision transhumaniste.

« Est-ce qu’un smartphone n’est pas déjà une augmentation du cerveau humain », se demande Christophe Debard en passant dans un autre espace de l’exposition, consacré aux data et aux objets connectés. « Je n’éprouve pas le besoin de monitorer en permanence mon rythme cardiaque ou mon sommeil », ajoute l’ingénieur toulousain, qui se montre en revanche très sensible aux aspects économiques et financiers décrits par l’exposition. « Si tout ça ne sert qu’à des fins commerciales, c’est regrettable ». Dans un autre showroom consacré aux robots, les monstres mécaniques de Boston Dynamics sont présentés à coté de robots compagnons en forme de peluches ou de jouets, pour les enfants ou les personnes âgées. Christophe Debard préfère visiblement les seconds aux premiers, qu’il juge plus « étranges » qu’inquiétants. Maja Wasyluck n’ayant pas sélectionné pour l’exposition les premiers robots humanoïdes japonais introduits sur une chaîne de montage d’Airbus à Cadix (Andalousie), on se saura pas s’il les considère comme des «  collègues  » ou des concurrents…

Christophe Debard se fait plus prolixe sur le stand de l’exposition consacré à la médecine. La perspective de vivre centenaire, voire de viser l’immortalité, le laisse froid. Eradiquer les maladies  ? L’ingénieur cherche ses mots pour tenter d’expliquer ce qu’il a retenu du cancer qui l’a frappé quand il était encore un enfant. « C’est une expérience de vie. J’ai beaucoup appris à travers cette épreuve, qui m’a apporté une certaine sagesse. J’ai eu la chance de m’en sortir, mais je peux dire au final que je ne regrette pas d’être passé par là ». Christophe Debard vient de prendre la direction du Protospace d’Airbus à Toulouse.

 

 

Pyrénées : protéger « en même temps »  les ours et les moutons

ours Balès

Emmanuel Macron va-t-il donner son feu vert à Nicolas Hulot pour remettre des ours en Béarn au printemps ? Cette mesure, réclamée depuis des années par des scientifiques et des écologistes de tous poils, demeure décriée localement par des éleveurs et des élus locaux avec la même vigueur. Soupçonnant le gouvernement de vouloir procéder à deux nouveaux lâchers de femelles dans les Pyrénées Atlantiques où ne subsisterait plus qu’un ou deux mâles, des éleveurs transhumants du secteur ont écrit directement au président de la République pour lui demander d’en finir avec « cette épée de Damoclès ». « Evitons-nous cette guerre », écrivent les opposants qui estiment que « les dernières introductions d’ours sur des territoires voisins se sont toutes soldées par des cuisants échecs, pour les éleveurs et pour les ours ».

Ce n’est pas l’avis des magistrats du tribunal administratif de Toulouse, qui viennent de donner raison à deux associations de protection de l’ours reprochant à l’Etat d’avoir suspendu toute réintroduction depuis 2006. Dans leurs attendus, les magistrats toulousains relèvent que la population des ours a certes repris du poil de la bête dans les Pyrénées (moins de 10 ours avant le « plan ours » de François Mitterrand en 1981, une trentaine actuellement), mais que « les perspectives futures demeurent défavorables ». Le jugement bât en brèche la doctrine des gouvernements successifs, qui misait sur un accroissement naturel grâce aux naissances enregistrées chaque année parmi la population d’ours importés de Slovénie. Il s’alarme d’une première baisse de la population en 2015 et du « risque génétique », la plupart des oursons ayant le même géniteur. La crainte de la consanguinité a conduit le gouvernement régional catalan a réintroduire un nouveau mâle coté espagnol en 2016. Les juges estiment enfin les dégâts causés aux troupeaux « relativement mesurés » et dégonflent les rodomontades des éleveurs : « il n’est pas établi que les oppositions locales feraient obstacle à toute opération de réintroduction efficace ».

Il reste à Nicolas Hulot à démontrer à Emmanuel Macron, habitué à venir chaque été en vacances chez sa grand-mère de Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées), que les avantages écologiques de nouveaux lâchers seraient supérieurs aux inconvénients politiques locaux. Un sondage Ifop commandé par un collectif d’associations écologistes a confirmé que les Français sont majoritairement favorables aux réintroductions. Les élus de la région Nouvelle Aquitaine semblent désormais plus enclins à tenter l’expérience que leurs voisins de la région Occitanie, où se concentrent l’essentiel des ours (et des problèmes) actuellement. Le Béarn abrite enfin depuis 1975 une association discrète mais efficace, le fond d’intervention éco-pastoral (FIEP) qui a la singularité de ne pas opposer l’ours et les bergers. Basé à Pau, le FIEP consacre davantage de crédits au pastoralisme (héliportages, radiotéléphones, promotion du fromage de montagne, etc) qu’à la faune sauvage. Son slogan historique, « pour que l’ours et le berger puisse vivre ensemble dans les Pyrénées », résonne aujourd’hui à l’unisson du fameux « en même temps » macronien.

Montpellier : les mannequins connectés de la nouvelle fac de médecine

Montpellier médecine fac

Carole Delga va être surprise. C’est une nouvelle gare que la présidente de région viendra officiellement inaugurer aujoud’hui aux cotés de François Fontès. L’incontournable architecte montpelliérain a dessiné pour la nouvelle faculté de médecine un immense hall d’accueil traversant dont la hauteur sous plafond n’est pas sans rappeler l’intérieur de la gare Saint-Roch. Les 3.600 étudiants ne font que passer dans cette vaste salle vitrée des pas perdus, aussi sonore que lumineuse, avant de s’engouffrer dans l’un des cinq amphithéâtres du rez-de-chaussée ou rejoindre la cafétéria. Le grand escalier qui conduit aux salles de cours dans les étages paraît minuscule dans cette ruche vibrionnante, bruyante et disproportionnée. Des ouvriers s’affairent encore aux dernières finitions de ce bâtiment flambant neuf, recouvert d’inox luisant comme un miroir, qui a coûté plus de 45 millions à la région.

Montpellier médecine

Dans le calme feutré de son bureau de l’ancienne faculté, le doyen Mondain est satisfait à la perspective d’inaugurer enfin un bâtiment ultra-moderne que quatre de ses prédécesseurs ont appelé de leurs vœux. « J’étais interne en 1985 quand l’hôpital Le Peyronie a été ouvert. Mon service qui était encore à l’hôpital Saint-Charles a été le dernier à rejoindre le campus en 1988, on était un peu déconnecté », se souvient le médecin, spécialisé en ORL. A ses yeux, le rapprochement de la faculté avec le CHU était « une évidence ». Mais pas question d’abandonner l’ancien palais épiscopal accolé à la cathédrale pour une faculté qui revendique fièrement sa création par un légat du Pape en 1220. Les étudiants de deuxième et de sixième année continueront de suivre des cours autour de l’ancien cloître. La soutenance des thèses et tous les événements solennels seront toujours célébrés dans les bâtiments historiques de la plus ancienne faculté de médecine de France après Paris.

 » les cours en amphi, c’est fini « 

La construction de la nouvelle faculté ouvre un nouveau chapitre d’une longue histoire. Si la bibliothèque de la faculté conserve des manuscrits rares qui remontent au Moyen-Age derrière les murs de pierre du centre-ville, le béton du nouveau campus se veut en prise directe avec la modernité. Les amphithéâtres sont équipés de caméras, reliées à une régie qui fonctionne comme une chaîne de télévision. Les étudiants peuvent ainsi suivre les cours, diffusés en podcast, en différé. « Les cours en amphi, c’est fini. Nous avons intégré cette évolution de la diffusion du savoir universitaire dès la conception du nouveau bâtiment », dit Michel Mondain. Le doyen de la faculté est toutefois conscient du risque de « déshumanisation » de la transmission des connaissances à l’ère numérique. « Nous mettons l’accent sur la généralisation du tutorat et la pratique clinique. Il est tout de même plus appréciable d’apprendre à exécuter certains geste médicaux sur des mannequins plutôt que sur des patients ».

Montpellier médecine simulation

Bluffant de réalisme, l’un de ces mannequins de nouvelle génération pousse un soupir sur le sol d’une salle de « déchoquage » reconstituée au quatrième étage de la nouvelle faculté. Un autre est installé sur un lit-brancard dans une autre salle. C’est une femme, elle « respire » en faisant légèrement bouger le drap qui la recouvre. Ces mannequins peuvent coûter jusqu’à 150.000 euros. « C’est extra de constater comment le matériel pédagogique a évolué », se félicite Blaise Debien, médecin urgentiste. Directeur du CESU (centre d’enseignement du soin d’urgence), il a déménagé son service, ses mannequins et son ordinateur du CHU pour s’installer dans le nouveau bâtiment de la faculté. De la salle d’accouchement à la chambre du malade, un hôpital fictif a été reconstitué au quatrième étage. Fictif, mais avec tout le matériel authentique qui équipe chacune des salles dite de « simulation ». Ici, étudiants en médecine et futurs infirmiers s’entraînent ensemble à tous les pires scénarios auxquels ils seront bientôt confrontés dans la réalité. « Une première en France », souligne le Blaise Debien.

De la même façon qu’on ne devient pas pilote de ligne uniquement avec des logiciels de simulateurs de vols, on n’apprend pas les gestes qui sauvent en cas d’urgence uniquement sur un écran d’ordinateur. Les nouveaux mannequins « haute-fidélité » du Dr Debien sont équipés du WiFi pour être manipulés à distance par le formateur, mais la technologie ne fait pas tout. « La simulation, ça se joue à 90% lors du débriefing » dit le directeur du CESU. Là aussi, les salles de simulation sont équipées de caméras pour visionner aussitôt le scénario qui a été joué durant l’exercice dans une salle de cours séparée. Il ne s’agit pas de disséquer chaque scène au ralenti, plutôt d’analyser ce qui s’est passé lors d’un dialogue en les apprenants et les formateurs. L’urgentiste « accouche » le ressenti des étudiants, assis en demi-cercle dans son bureau, en compagnie d’une enseignante de l’école d’infirmières. Il n’hésite pas à partager des cas de conscience qui se sont parfois posés à lui lors d’interventions délicate pour aborder les questions éthiques derrière la technique. Ce n’est pas une leçon, il n’y a ni copie, ni crayon. Des tablettes sont toutefois sorties à la fin du cours pour renvoyer à des connaissances et un petit exercice d’évaluation finale. Au fil des ans, le CESU de l’Hérault, né en marge du Samu, a développé ses propres outils pédagogiques. Blaise Debien souhaite désormais partager ses cours, stockés sur son ordinateur, flambant neuf, avec d’autres CHU, facultés de médecine ou instituts de formation para-médicaux, comme ceux de Toulouse. « Nous sommes un laboratoire de recherches pédagogiques », résume l’urgentiste passionné.

Thomas Brieu, le sommelier qui veut changer « l’Aude en vin »

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Pour la nouvelle brasserie que le chef étoilé Franck Putelat a ouvert au début de l’été à Carcassonne, Thomas Brieu a demandé à des amis vignerons de l’Aude et de l’Hérault de créer des cuvées spéciales. « Je suis fou des vins d’ici », avoue le sommelier du Parc, qui s’affaire au quotidien à faire décoller cette nouvelle adresse de 80 couverts, idéalement située à l’entrée de la ville basse. S’il n’est pas question de proposer des centaines de flacons précieux comme au restaurant gastronomique, la brasserie offre un large choix de bouteilles, de 15 à 150 euros. Pour la nouvelle carte de la saison d’automne, il s’est résolu à abandonner «  les cartouches à plus de 100 euros  ». Désormais associé de Franck Putelat, l’homme de confiance du chef a vite appris à mettre du réalisme économique dans son vin. « Les vins du chef ou du sommelier ne sont pas toujours ceux des clients », philosophe Thomas Brieu.

Pour faire ce métier, il faut être passionné de géographie

Lui-même concède avoir évolué dans ses goûts au fil des années. « A 25 ans, j’aimais les vins body-buildés, de véritables confitures aromatiques. Mon palais s’est affiné », dit ce jeune papa de 37 ans. Il rend hommage aujourd’hui à ses enseignants de Mazamet et de Toulouse, qui l’ont mis sur la voie de la salle, puis de la sommellerie. Lui se voyait plutôt derrière les fourneaux en entrant au lycée hôtelier. Thomas Brieu a toujours travaillé dans la région, mais a beaucoup voyagé sur la carte des vins. « Pour faire ce métier, il faut être passionné de géographie », dit-il. Le sommelier de Carcassonne connaît intiment les domaines et les producteurs de chaque bouteille qu’il conseille. « Je vends le terroir des vignerons », plaide cet avocat passionné de vins aussi « naturels » que possible. Vignes cultivées en agriculture biologique ou en biodynamie, cuvées sans sulfites, etc  .

Le système des appellations ne veut plus rien dire

Thomas Brieu défend les vignerons plutôt que les labels ou les appellations. « Le système actuel des cahiers des charges ne veut plus rien dire. Il y a des gens qui travaillent mal dans toutes les appellations, et des fous partout ». On aura compris qu’il a un faible pour ces derniers. Ceux qui transgressent à l’occasion les règles établies par leurs voisins et leurs aînés pour expérimenter de nouvelles pistes, loin des modes des produits « marketés » pour plaire au plus grand nombre. Plus Nossiter que Parker dans le Mondovino contemporain.
A l’échelle du département, c’est un fervent promoteur du petit groupe d’une quinzaine de producteurs de l’Aude, réunis au sein du collectif Changer l’Aude en vin. « La plupart sont devenus des amis », dit-il. C’est à eux qu’il a demandé d’élaborer les cuvées de la brasserie. Il est aussi très fier d’avoir pu acheter quelques bouteilles à un producteur du Minervois atypique, « qui ferme ses volets dès qu’il voit un journaliste ». Pour autant, Thomas Brieu se défend d’être chauvin. Il se souvient de sa première grande émotion oenologique  : un Gevrey-Chambertin

Saurel remplace Delga à Futurapolis

futurapolis

Surprise à l’Université de Toulouse, qui accueillait la conférence de presse de présentation du prochain salon Futurapolis. François Baroin a fait une courte apparition dans la salle du conseil. Le sénateur-maire (LR) de Troyes, actuellement en campagne pour Nicolas Sarkozy dans le cadre des primaires de la droite, a tenu à venir saluer Philippe Saurel, maire (DVG) de Montpellier.

Le président de Montpellier-Méditerranée Métropole était la véritable vedette politique de cette présentation. Le trublion de la gauche en Languedoc-Roussillon a remplacé au pied-levé la nouvelle région Occitanie. Carole Delga n’a en effet pas souhaité poursuivre le partenariat engagé dès 2012 par Martin Malvy, Pierre Cohen et l’hebdomadaire le Point, organisateur du salon. Philippe Saurel, qui ne porte pas la nouvelle présidente socialiste de la région dans son cœur, ne s’est pas fait prié pour prendre sa place de partenaire financier de cette manifestation, présentée à l’époque comme «  le Davos de l’Innovation  » par Franz-Olivier Giesbert.

«  Lorsque Le Point m’a proposé d’associer Montpellier à Futurapolis, j’ai tout de suite approuvé, sans même passer un coup de téléphone à Philippe  » raconte Jean-Luc Moudenc, président (LR) de Toulouse Métropole. La conférence de presse a fourni une nouvelle occasion aux maire de Toulouse et Montpellier d’affiche leur bonne entente, au-delà des clivages politiques. Etienne Gernelle, qui a remplacé Franz-Olivier Giesbert à la tête de la rédaction du Point, enfonce le clou  : «  ce sont les métropoles qui tirent l’innovation  ».

La région ne sera toutefois pas oubliée de la 5ème édition de Futurapolis. L’université fédérale de Toulouse-Midi-Pyrénées est également monté d’un cran pour figurr parmi les partenaires de premier rang de l’événement. En dépit du changement de nom de la région, la fédération des universités et des grandes écoles n’a pas (encore?) changé son intitulé, comme le faisait remarquer Philippe Raimbault, son nouveau président.

Contrairement aux allégations de La Dépêche du Midi, qui avait en vain tenter d’organiser une manifestation concurrente à Toulouse en 2014, Futurapolis se déroulera bien les 4 et 5 novembre au Quai des Savoirs.

Plus radicaux que le PRG

départ

Après une nouvelle manifestation contre la loi Travail qui a rassemblé, sans incidents, plusieurs milliers de manifestants dans les rues de Toulouse, les plus Motivé(e)s se sont retrouvé(e)s pour une nouvelle action-surprise du collectif  #Y‘a pas d’arrangement. La FNAC, dernière cible de ces opérations-commandos en forme de gags ludiques dans la ville, avait préféré baisser le rideau, comme la plupart des grandes enseignes (cinéma UGC, McDonald’s, café Starbuck) situées au point de rendez-vous, entre la place Wilson et le métro Jean Jaurès.

 » Notre action est pacifique , nous n’accepterons ni violence, ni tags », crachotte le mégaphone des organisateurs à l’intention des centaines de participant(e)s rameuté(e)s sur les réseaux sociaux. Jeunes ou pas, tou(te)s sont venu(e)s sans savoir quelle sera la destination finale de cette nouvelle action. Par précaution, le contact de l’avocate de permanence est communiqué en cas d’arrestation, comme avant chaque opération du collectif. Six groupes sont constitués pour tromper la vigilance des forces de l’ordre. Chacun part de son coté.

G1

« Rebroussez chemin. Cette manifestation est interdite ». Des policiers barrent le chemin du « groupe 1 », constitué d’une trentaine de personnes qui ont suivi François Piquemal, le jeune leader du DAL 31, cheville ouvrière du collectif avec les intermittents du spectacle, l’association ATTAC et des syndicalistes de la CGT.

Après une déambulation pédestre dans les rues du centre-ville, le groupe finit par s’engouffrer dans une annexe de la mairie de Toulouse. Au total, trois des sept groupes ont réussi à gagner l’objectif de l’opération, mystérieusement dénommée « opération Palme d’Or ».  La salle municipale Osète a été choisi car elle doit accueillir dans la soirée une réunion publique du parti radical de gauche (PRG) autour de Sylvia Pinel. La nouvelle présidente du parti, élue locale, est l’ancienne ministre du Logement.  » Nous avons appris sa venue sur sa page Facebook « , explique François Piquemal. En attendant la ministre et ses militants, les manifestants improvisent un jeu de chaises musicales dans la salle. Quelques confettis sont lancés. L’ambiance est potache, bon enfant.

police municipale

François Piquemal négocie avec la police municipale, qui inaugure pour la circonstance ses nouvelles tenues anti-émeutes. « Nous n’avons rien dégradé, on veut juste participer à la réunion », explique le porte-parole du DAL.

Dans la salle, on brocarde plus ou moins gentiment le PRG, dernier parti allié du PS, et son patron historique, également propriétaire du quotidien régional.  » Jean-Michel Baylet est favorable à la loi Travail et a approuvé le 49.3 Son journal maltraite nos actions «  , justifie un militant. Une guitare joue un air de Brassens. Bref moment de semi-panique quand quatre participants, qui ont tenté de sortir par une porte dérobée, se font arrêter par les policiers dans la cour intérieure du bâtiment municipal.

Le PRG a finalement renoncé à sa réunion publique. « Je tiens à condamner avec fermeté ces agissements ayant pour seule vocation d’empêcher le débat et l’expression militante pourtant fondamentale à la bonne santé de notre République », a réagit Sylvia Pinel sur sa page Facebook. La centaine de manifestants qui avaient envahi la salle ont pris soin de ranger les chaises avant de sortir groupés, en scandant des slogans hostiles au gouvernement. Après un tour d’honneur de la place Wilson, encadrés par les forces de l’ordre, les manifestants ont rejoint en chanson la place du Capitole pour une nouvelle NuitDedout.