En attendant Juppé (sans sifflets)

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On connaissait les « blagues à deux balles », voici la question à deux euros  : combien d’électeurs vont-ils se rendre aux urnes pour départager Nicolas Sarkozy et Alain Juppé lors de la primaire ouverte de la droite et du centre, dimanche  ? La réponse, bien sûr, viendra de… François Fillon. « On s’est fixé un objectif de 30.000 personnes, mais on espère dépasser les 45.000 » dit Jean-Marie Belin, représentant local de la campagne de l’ancien premier ministre en Haute-Garonne. L’ex-journaliste de France 3 veut croire à la percée de son champion dans la dernière ligne droite. Ce transfuge de l’UDI a pris de cours Laurence Arribagé. « Je ne m’engage pas sur des chiffres », dit la secrétaire départementale des Républicains.

Depuis l’élection-surprise de Donald Trump outre-Atlantique, plus personne ne tient vraiment à être le favori-des-sondages-et-des-médias, bref, de « l’establishment », réel ou supposé. « Les jeux sont très ouverts » veut encore croire Damien Laborde, le jeune supporter de Bruno Le Maire à Colomiers. Même Laurence Arribagé, qui a jugé utile d’accorder son soutien à Jean-François Coppé pour ne pas paraître comme une sarkozyste inconditionnelle et sectaire, reconnaît que les résultats de cette primaire dite « ouverte » seront forcément différents de ceux d’une élection interne parmi les 4.500 militants officiellement encartés. Mais dans quel sens, et dans quelles proportions  ? Pour mémoire, près de 90.000 électeurs s’étaient rendus dans les 213 bureaux de vote de la primaire de la gauche en 2011. Les objectifs chiffrés de M Belin apparaissent ainsi comme modestes, mais déjà ambitieux dans un département réputé bien ancré à gauche.

Pas moins de 1.000 bénévoles se sont proposés pour tenir les 158 bureaux de vote du département. Parmi eux, un tiers ne sont pas encartés, selon la patronne du parti de Nicolas Sarkozy. Dimanche soir, les sympathisants de la droite seront majoritaires par-rapport aux militants. Mais vont-ils se déplacer pour faire mentir les sondages comme aux USA ? Ou plébisciter une ligne politique plus modérée que celle de Nicolas Sarkozy, comme Alain Juppé en a fait le pari depuis qu’il s’est lancé en campagne  ? C’est tout l’enjeu de cette primaire, inédite à droite.

Juppé attendu mardi en meeting à Toulouse

Droit dans ses bottes, le représentant du maire de Bordeaux ne peut imaginer que son champion soit éliminé dès le premier tour. « Alain Juppé tiendra le seul meeting de l’entre-deux tours mardi à la salle Jean Mermoz de Toulouse », rappelle Pierre Espuglas, adjoint au maire de Toulouse, qui promet « des surprises ». Tous les militants de l’ex-UMP ont été invités, même ceux qui soutiennent d’autres candidats. Ce devrait être l’occasion de voir côte à côte Laurence Arribagé et Jean-Luc Moudenc. Le maire de Toulouse, qui a laissé son fauteuil de député et la présidence du parti à son adjointe, refuse de dire publiquement pour qu’il il votera. Un secret de Polichinelle qui a valu à ce proche d’Alain Juppé d’être hué par quelques militants lors du meeting de Nicolas Sarkozy à Montauban.

Raison de plus pour faire applaudir Laurence Arribagé mardi à Toulouse. « Je serai présente », confirme la patronne du parti, qui fait des efforts louables d’impartialité dans son rôle de présidente de la commission départementale d’organisation. Son seul sifflet sera celui de l’arbitre, mais elle espère bien de ne pas avoir à s’en servir. « Jusqu’ici, tout se passe bien », dit l’unique député LR du département. « Je n’ai pas envie de revivre ce qu’on a vécu  (en 2012) », confie Laurence Arribagé.

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